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Ghana, Nigéria et Tanzanie, le Top 3 des pays africains de choix pour les investisseurs

L’émergence d’une classe moyenne et le développement des infrastructures élargissent les opportunités pour les investisseurs du monde entier
L’intérêt des investisseurs pour l’Afrique continue de progresser, le continent étant perçu comme un marché à fort potentiel de croissance, susceptible d’offrir des opportunités de retour sur investissement très intéressantes. L’Afrique sub-saharienne s’affirme comme la région la plus attractive. En effet, le Ghana, le Nigéria et la Tanzanie forment le Top 3 des pays de choix pour les analystes et investisseurs que le cabinet d’audit et de conseil PwC a interrogés dans la 7ème édition de l’étude « Valuation methodology survey », qui inclut pour la première fois les réponses des investisseurs en Afrique francophone. Le nombre de transactions étudiées a presque quadruplé L’étude du cabinet d’audit et de conseil PwC réalisée auprès de 61 investisseurs et analystes en Afrique montre que les opportunités d’investissements sur le continent ont fortement augmenté depuis deux ans : en 2014, 39% des personnes interrogées ont étudié plus de 10 transactions en Afrique, contre seulement 12% en 2012. Une progression liée principalement à l’activité sur les marchés domestiques des répondants. Françoise Gintrac, associée PwC spécialiste de l’évaluation, observe « un intérêt croissant pour les investissements en Afrique sub-saharienne. Toutefois, de nombreux investisseurs restent prudents en raison des incertitudes sur le risque et les retours sur investissement. Dans ce contexte, l’appréciation de la valeur d’une cible est particulièrement délicate. » D’après l’étude de PwC, toutes les régions montrent un fort intérêt à investir en Afrique. Les personnes que nous avons interrogées pensent que les investisseurs les plus intéressés par l’Afrique sont ceux issus des BRICs et de l’Europe, devant ceux d’Amérique du nord. Ghana, Nigéria et Tanzanie : le top 3 des pays les plus attractifs pour les investisseurs Pour les investissements réalisés en dehors de leurs propres pays au cours des deux dernières années, les investisseurs et analystes interrogés ont privilégié le Ghana, le Nigeria et la Tanzanie. Parmi les pays d’Afrique francophone, la Côte d’Ivoire est le pays le plus souvent cité par les investisseurs interrogés. Selon Philippe Couderc, associé PwC spécialiste des transactions en Afrique francophone : « Au-delà des destinations traditionnelles pour les investisseurs, que sont les pays disposant de ressources naturelles ou de projets significatifs d’infrastructures (comme la RDC, l’Angola ou l’Algérie), nous constatons un intérêt grandissant pour des pays qui offrent un marché pour des produits industriels, des biens de consommation et des services. En raison de la faible intégration régionale, les investisseurs préfèrent cibler les pays qui bénéficient d’un marché intérieur fort comme le Nigéria, l’Afrique du Sud, le Ghana, le Kenya ou l’Algérie. Les pays montrant une certaine stabilité politique et une bonne gestion financière sont aussi favorisés, comme le Maroc ou la Côte d’Ivoire. » De son côté, l’Afrique de l’Est est perçue comme un marché avancé en matière de structures institutionnelles. La région fonctionne autour d’un hub central dominé par le Kenya. A long terme, des marchés aujourd’hui en développement comme l’Ethiopie deviendront des destinations prisées par les investisseurs, grâce à la poursuite des échanges entre l’Afrique de l’Est et le Moyen-Orient. Les investisseurs se tournent vers les activités à plus forte valeur ajoutée Les investisseurs cherchent des potentiels de croissance à long terme. Alors qu’auparavant, le secteur des ressources naturelles était le plus ciblé, l’émergence de la classe moyenne offre aujourd’hui des opportunités beaucoup plus larges. Parmi les secteurs d’activité les plus prisés des analystes et investisseurs, on trouve d’abord les services financiers, secteur ciblé par toutes les régions du monde. Les atouts de certains secteurs ont aussi été soulignés, comme le secteur minier en Afrique du Sud, l’industrie hôtelière en Afrique de l’Est ou encore la distribution et les biens de consommation en Afrique de l’Ouest. Selon Philippe Couderc, « Les entreprises africaines et étrangères se tournent désormais vers des activités à plus forte valeur ajoutée, comme l’industrie manufacturière et les services, qui s’adressent aux consommateurs locaux. Le succès des télécommunications ou des banques montre clairement que l’Afrique constitue un marché avec une demande toujours plus forte. Cette tendance devrait se poursuivre et générer des retours sur investissement importants. » D’après PwC, 82% des répondants indiquent que la hausse des perspectives de croissance des entreprises africaines est la principale raison de l’intérêt exprimé par les investisseurs et analystes. Le besoin de se diversifier des marchés matures, moins porteurs, est mentionné par 75% d’entre eux. Toutefois, les investisseurs restent prudents et notent que la moindre qualité de l’information et l’instabilité politique et économique peuvent agir comme des freins pour la croissance des opérations dans la région.